Andonis Foniadakis, Verträumen (Rêveurs)
 

En costume

Du croquis à la scène

Le département danse du CNSMD de Lyon possède plus de 1000 costumes et accessoires, créés essentiellement par le costumier Philippe Combeau.

Chaque année, une quarantaine de costumes sont réalisés pour les quatre pièces inscrites au programme du jeune ballet, constituant un véritable patrimoine, depuis l’installation du département danse au Grenier d’abondance en 1992.
Après les représentations du jeune ballet, les costumes sont soigneusement rangés et continuent de servir dans le cadre de manifestations données durant le cursus des étudiants danseurs. Un inventaire s’imposait et a été réalisé par deux personnes venues effectuer un service civique entre septembre 2012 et février 2014. C’est donc le moment de vous faire découvrir une partie de ce beau patrimoine et de vous ouvrir les portes… des placards !

Philippe Combeau, costumier

Après des études au CNDC d’Angers, Philippe Combeau a été danseur pour la Compagnie Bagouet et pour la Compagnie Kelemenis, de 1990 à 1996. Il entame ensuite sa reconversion par une formation de styliste modéliste et haute couture, au centre Suzanne B à Marseille.
Depuis, il se consacre à la création et réalisation de costumes pour le spectacle vivant, mettant son imagination et son savoir-faire au service des chorégraphes et des compagnies, en France et à l’étranger.

1ère étape : penser le costume

© Philippe Combeau

2e étape : prendre les mesures

tableau des mesures

3e étape : les essayages et retouches

costume danse

Six pièces chorégraphiques : six projets de costumes

A titre d’exemple…

Pour le jeune ballet classique :

  • Pointless Monkey de Davy Brun
  • Etranges voisins de Kader Belarbi
  • Chaconne de Jean Grand-Maître
  • Prémices de Francesco Nappa

Pour le jeune ballet contemporain :

  • Octa 7 d’Olivia Grandville
  • Kammerkonzert d’Edmnd Russo et Shlomi Tuizer

Etranges voisins – Kader Belarbi

« Univers imaginaire où l’homme côtoie l’animal. Affublée de cette équivoque, une drôle de confrérie dessine une grammaire fantasque et orchestre une pétillante causerie animalesque » [Kader Belarbi].
« Dans cette rencontre d’animaux modernes et urbains, il s’agissait de faire ressortir le corps humain dans son animalité et son étrange diversité, d’où le choix de costumes très colorés jusqu’aux bout des doigts et près du corps, tels des oiseaux tournoyant dans une « pétillante causerie animalesque ». La matière choisie a été le lycra satiné pour donner une intensité et une profondeur aux couleurs » [Philippe Combeau].

Costumes7

costume danse

costume danse

Chaconne – Jean Grand-Maître (Alberta Ballet)

« Cela fait 20 ans que j’écoute la Chaconne de Bach. Cette grande et mystérieuse œuvre semble avoir saisi en elle, toutes les dimensions et les couleurs les plus riches et les plus profondes de notre humanité. Je considère cette création comme étant un « exercice chorégraphique » d’apprentissage pour ces jeunes danseurs, plutôt que ce que l’on pourrait appeler une chorégraphie complète. J’ai désiré leur offrir une initiation à l’art de la scène et de la communication, à travers la danse classique et néoclassique ; une expérience authentique où toutes leurs connaissances acquises en studio, seraient consolidées dans ce baptême cinétique : coordination, musicalité, projection, l’art du pas de deux, dynamiques et nuances, transparences, dépassement, courage, endurance, vulnérabilité, transcendance, dualité et vérité d’expression [Jean Grand-Maître].
« Il s’agit d’un ballet construit dans une succession de solos, de duos, d’ensembles ; comme un exercice de virtuosité. La demande consistait à mettre en valeur la fluidité de la danse et du danseur dans un souci d’esthétisme. Le costume devait être fluide et montrer le corps du danseur dans sa technique corporelle. Ce sont naturellement la mousseline de soie pour les robes et le jersey lycra mat pour les bodys qui se sont imposés [Philippe Combeau].

Esquisse costumes Chaconne - Jean Grand-Maître

costume danse

Octa 7 – Olivia Grandville

« Je pourrais dire de Raphaël Cendo, comme on dit d’un sculpteur, qu’il travaille les sons dans la masse. Le caractère physique du geste instrumental, le grain des textures sonores, m’évoque d’emblée tout un registre du corps. C’est sur ce mimétisme des matériaux que nous avons travaillé, cherchant à partir des improvisations des danseurs, à dégager des qualités de mouvement nourri de l’écoute de la musique : vibration, compression, frottement, glissement, gravité et rebonds. La construction s’attache à préserver l’autonomie des deux partitions, et leur temporalité propre. La poétique des corps s’essaye à creuser, dans les foyers orageux de la musique, des espaces potentiels, tandis qu’au centre de la pièce, un dispositif de sonorisation du plateau permet de jouer d’une réelle interactivité entre son et mouvement » [Olivia Grandville à propos du compositeur et de leur travail commun].

« Etant donnée la relation étroite entre les danseurs ou plutôt des « individus » et la musique, il était évident de demander aux danseurs dans quels vêtements ils envisageaient de danser cette pièce . Face à leurs propositions, la recherche s’est orientée vers des vêtements de ville variés pour révéler des individus dansant en veillant à un équilibre visuel, d’où le choix de couleurs neutres (différents gris). Les matières choisies ont été le jersey, le coton, le lycra, des lainages fins pour les pantalons, des tissus fluides pour les robes » [Philippe Combeau].

costume danse

costume danse

Kammerkonzert – Edmond Russo et Shlomi Tuizer (Cie Affari Esteri)

« A travers des strates, qui s’alternent et se relient, un groupe d’individus se constitue. Chacun donne réponse par sa présence à des consignes non mathématiques, qui s’apparente plutôt à une géométrie variable. Un ordre qui serait en quelque sorte désordonné. Nous voulions constituer ce groupe par des chemins qui évoqueraient, au départ, des relations paradoxales et ludiques, pour ensuite trouver la nécessité et la cohérence de leur être-ensemble [Edmond Russo].
« Dans cette pièce, le travail du costume s’est attaché à définir chaque danseur de façon individuelle. Chaque élément du costume a été pensé minutieusement; la matière utilisée, la couleur ou le détail ont été sélectionnés de façon unique pour chaque danseur en tenant compte des personnalités et des corps de chacun, d’où une grande diversité de matières : des tissus mat, brillants, satinés, pailletés, gauffrés, etc… » [Philippe Combeau].

Esquisse costumes Kammerkonzert - Edmond Russo et Shlomi Tuizer

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