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Lieux

Histoire du site

Le 18 avril 1988, le Conservatoire national supérieur de musique emménageait dans les locaux entièrement réhabilités de l’ancienne Ecole vétérinaire de Lyon, sur les quais de Saône au 3 quai Chauveau, dans le 9ème arrondissement. Les murs de cette antique bâtisse auront ainsi successivement abrité, sur une période de plus de trois siècles des religieuses, de futurs vétérinaires puis maintenant des artistes musiciens et danseurs en devenir.

La période gallo-romaine

Des découvertes fortuites et des fouilles plus systématiques ont permis de mettre à jour divers ouvrages dont une description latine mentionnant des thermes. D’autre part s’élevait à proximité du quai jusqu’en 1707, un petit édifice communément appelé « tombeaux des deux amants » qui donna son nom au tènement où s’implanta plus tard l’Ecole Vétérinaire.

Un hôpital

La partie sud du terrain, délimitée actuellement par le quai chauveau et la montée de l’Observance, fut occupée vers le XIIe siècle par un hôpital dépendant de la Collégiale Saint-Paul qui fut supprimé en 1492 par le pape Alexandre VI. La propriété retourna au domaine royal.

Le couvent des Cordeliers de l’Observance

L’année suivante, en 1493, la propriété fut attribuée par le roi Charles VIII, à un moine franciscain, frère Bourgeois, désireux d’y fonder un couvent. L’objectif de ce religieux était de réformer l’ordre des Cordeliers pour revenir à la stricte observance de l’ordre Saint-François.

La réhabilitation du site fut terminée en 1496 et comprenait une petite église gothique et des bâtiments conventuels. Elle fut en partie détruite en 1562 par les protestants puis reconstruite et enrichie au fil des siècles suivants (construction de plusieurs chapelles).

Le couvent Sainte-Elisabeth des deux Amants

En 1652, le terrain situé au nord du couvent des Cordeliers de l’Observance fut acquis par les religieuses de Sainte-Elisabeth pour développer leur communauté de Bellecour.

Dès 1675, elles entreprirent la construction d’un nouveau monastère.

Sur la façade actuelle du bâtiment subsiste une plaque datée du 7 juillet 1675, qui commémore la pose de la première pierre de l’archevêque de Lyon : Camille de Neuville.

La Révolution

À la veille de la Révolution, le couvent Sainte-Elisabeth compte 37 religieuses. La propriété fut saisie comme bien national et vendue par lot à des particuliers ; l’Etat se réservant la totalité du monastère.

Par arrêté du 25 avril 1795, il fut décidé de transférer l’Ecole vétérinaire, créée peu de temps auparavant (en 1762) par Bourgelat, du quartier de la Guillotière au couvent Sainte-Elisabeth.

Différents projets d’architecture pour l’Ecole vétérinaire

Plusieurs architectes vont se voir confier la responsabilité de l’édifice. Leurs missions évolueront tour à tour entre des tâches d’entretien et des projets de transformation, pour répondre aux évolutions et au développement de l’Ecole vétérinaire.

Claude Ennemond Cochet a été le premier chargé de l’installation de la nouvelle école de 1795 à 1807.

Louis Cécile Flachéron succède au premier et établit un programme ambitieux dont il ne réalisera que certains éléments (régulation de la cour d’honneur et le remplacement de la clôture par une grille) par manque de moyens.

Antoine Marie Chenavars prend la relève en 1822. Grâce à de nouveaux financements, il reprend et complète les projets restés en attente par ses prédécesseurs. Il procède à des démolitions et prolonge les bâtiments existants. Il créera une belle composition symétrique s’ouvrant sur la Saône, contrairement aux dispositions précédentes qui lui tournaient le dos. Pour clôturer, il fait importer une grille en provenance du château de la Balme. Pendant la durée des travaux, les élèves vétérinaires seront provisoirement logés au couvent des Cordeliers. L’Etat et la ville semblent hésiter quant à l’affectation de ces locaux. L’Ecole vétérinaire pour sa part, souhaiterait se les approprier pour répondre à l’accroissement de ses effectifs et activités.

Pierre Prosper Chabrol est nommé en 1839. Il projette à son tour des projets de restructuration et d’extension comme la création d’un grand amphithéâtre d’honneur semi-circulaire, dans l’axe de la composition de son prédécesseur. De nouveaux accords sont conclus entre la ville de Lyon, l’Etat et le clergé, qui mènent Chabrol à repenser ses projets avec désormais deux propriétés (acquisition des terrains de l’Observance). Le projet définit sera présenté en 1847 et ne subira que peu de modifications jusqu’à son achèvement.

L’œuvre de Chabrol par son échelle, son homogénéité et son génie, aura incontestablement marqué le site de façon durable.
Ses successeurs vont tenter d’adapter les locaux aux nouvelles fonctions que la science vétérinaire fait surgir, en cette fin de siècle. Se succèderont alors Sainte-Marie Perrin, Tony Garnier, France Pierre Bourdeix.
L’ensemble de ces transformations, qui s’est fait au détriment de la cohérence du projet initial de Chabrol, ne répondra malheureusement pas aux besoins évolutifs de l’Ecole vétérinaire, qui déménagera en 1978 dans de nouveaux locaux construits spécifiquement sur le plateau de Marcy l’Etoile.

Retrouvez cette époque illustrée en images

L’arrivée du CNSMD de Lyon

Après le départ de l’Ecole vétérinaire, la propriété est à nouveau scindée en deux. Le ministère de la Culture se voit attribué le bâtiment principal, les cours, les jardins, tandis que le ministère de l’Agriculture conserve les bâtiments annexes qu’il affecte à des services administratifs régionaux.
Entre-temps, le Conservatoire national supérieur est devenu opérationnel depuis la rentrée 1979. Il accueille ses élèves dans des locaux provisoires rue de l’Angile, en attendant son installation définitive quai Chauveau.

À cette fin, le ministère de la Culture lance une consultation d’architectes en 1982, au terme de laquelle, Espace Construit (H.M Duplantier, E. Gallet, P.A Lablaude, E. Rey) est désigné comme lauréat. Le programme porte sur l’aménagement de 2 hectares de terrain dont plus de la moitié sont en colline boisée, ainsi que la réhabilitation de 12 000 m2 de plancher auquel il est demandé l’adjonction d’un bâtiment de 3 000 m2.

Le site actuel se compose d’un terrain bordé d’un côté de la Saône et de l’autre par la colline de Fourvière, qui a été entaillée dans sa partie inférieure pour recevoir des aménagements en terrasse. Le bâtiment ancien est organisé autour d’une cour centrale longée par une galerie de cloître. Le bâtiment neuf vient se composer avec le mur de soutènement qu’il chevauche. Il est relié au bâtiment existant par une passerelle vitrée, ouvre sa façade principale sur la cour des platanes, tandis qu’une façade latérale est construite de plein pied sur le jardin en terrasse.

Un deuxième site : le Grenier de l’abondance

Depuis 1992 et afin de répondre à la création d’un nouveau département, celui de la danse, le Conservatoire s’est doté d’un deuxième site. Il se situe de l’autre côté de la Saône au « Grenier de l’abondance », grenier à blé construit dans la première moitié du XVIIIe siècle, au troisième étage d’un immeuble qui abrite également la Direction Régionales des Affaires culturelles Rhône-Alpes.
Désormais, deux bâtiments d’enseignement forment le CNSMD de Lyon et sont symboliquement séparés par la Saône.

Les espaces extérieurs

Ils sont nombreux et variés, délimités par les éléments bâtis et communiquent entre eux par des passages et des escaliers.
Chacun d’entre eux a reçu un traitement paysager particulier, en relation avec son caractère d’origine et la nouvelle vocation qui lui a été attribuée.

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Historique du CNSMDL

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