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n°3 – Silvestro Ganassi

Temps fort autour du Traité et des formules de Silvestro Ganassi

Du jeudi 12 au lundi 16 janvier 2017 s’est tenu au sein du département de musique ancienne du CNSMD de Lyon, un séminaire autour de La Fontegara de Silvestro Ganassi. Il prenait part à un vaste travail insufflé par William Dongois de la HEM de Genève et mené en plusieurs conservatoires (Lille, Toulouse, Poitiers, Tours, Paris, Bruxelles, Oregon…).

Le nom de Silvestro Ganassi (1492-c1550), musicien et théoricien, évoque l’art de la « diminution » ou l’art d’orner, d’embellir une mélodie. Son traité La Fontegara est une des premières sources dans le courant du XVIe siècle à donner des « regolae » pour exceller en cet art. Moult fois cité, voire invoqué, que nous dit-il exactement, dans le détail ? Ces « règles » qu’il a pris soin de consigner comment les faire nôtres, les pratiquer, les maîtriser ?
Trois conférences avaient pour objectif de définir le contexte : William Dongois sur la pratique de la Musique à la Renaissance,  Christian Pointet sur le métier d’instrumentiste et Raphaël Picazos sur la notion d’ornementation en amont de Ganassi.
Une douzaine d’ateliers pratiques permettaient aux étudiants de plonger au cœur de cette matière par la fabrique.
Ce temps fort autour du traité a fait la lumière sur la naissance de cet art de la diminution trop souvent abordée par son autre extrémité, celle des traités de la fin du XVIe siècle, voire du début du XVIIe siècle, que sont Dalla Casa en 1584, Bassano en 1585 ou Rognoni en 1620.
Il nous a immergé dans cet univers afin d’en saisir les subtilités, saisir cette fameuse « sprezzatura » chère au courtisan idéal et à l’homme de la Renaissance [Anne Delafosse].

Couverture vidéo Ganassi

Ce projet est une confrontation positive qui réunit des praticiens de différents horizons, opinions ou instruments et des étudiants particulièrement investis. Un projet encore qui fait se croiser les regards de musicologues spécialistes, pour l’un de la notation, pour les autres de l’histoire de l’humanisme, de l’imprimerie, de l’iconographie…
Ce rassemblement autour du Traité de Ganassi, témoin d’un art élaboré, est d’un apport extrêmement enrichissant pour la musique ancienne,  apportant un éclairage inédit et repoussant les limites de la pratique instrumentale.

La pratique de la musique de la Renaissance à la lumière
de La Fontegara (1535) de Silvestro Ganassi

Par William Dongois
> La pratique de la musique de la Renaissance à la lumière de La Fontegara (PDF)

« Ce texte, fait avec promptitude, quasi improvisé (mais mon empressement peut-il être d’analogue à la prontezza des peintres du xvie siècle, invoquée par Ganassi ?), n’est pas le fruit du travail d’un musicologue, d’un universitaire, mais simplement la rédaction et la mise en forme de notes qui ont servi à ces ateliers consacrés à Ganassi au CNSMD de Lyon, ateliers pendant lesquels nous avons essayé d’embrasser les différentes énigmes et questions posées par la Fontegara. De même, tant le texte que les exemples musicaux présentés ici ne sont pas plus le fruit du travail d’un professionnel de la rédaction et de l’édition, mais celui d’un musicien, d’un praticien, j’en appelle donc à la bienveillance et à la tolérance du lecteur.
J’adresse par ailleurs mes remerciements les plus sincères à toute l’équipe du CNSMD de Lyon, à mes collègues, aux étudiants et particulièrement à Anne Delafosse, coordinatrice du département de Musique ancienne » [William Dongois].

Quelques considérations sur les ensembles d’instrumentistes
à l’époque de Silvestro Ganassi (1492-ca 1562)

Par Christian Pointet
> Quelques considérations… (PDF)

Il est particulièrement intéressant d’étudier sur une période temporelle définie certains aspects fonctionnels du métier d’instrumentiste, car ils représentent pour nous un moyen d’appréhender la réalité ou la concrétisation du phénomène musical, qui complète ce que  nous pouvons entrevoir par l’acte terminé de composition, ou par l’étude des pratiques d’exécution et de l’improvisation.
Nous allons donc examiner quelques-uns des aspects les plus accessibles de la question des groupes ou compagnies d’instrumentistes : image sociale, présence et intégration dans la société, fonctionnement en tant que groupe professionnel, savoir-faire combinant tradition orale et culture savante, etc. [Christian Pointet].

Du fleurissement à la diminution, historique de l’art d’orner

Par Raphaël Picazos
Du fleurissement à la diminution,… (PDF)

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