soireeslyriques

Saisons passées | saison 2014 - 2015

Soirées lyriques

Voix, lyrique et chœurs

Vendredi 13 février
20:00 - Amphithéâtre de l'Opéra de Lyon
Place de la Comédie
Lyon 1er

tarif unique : 12 €

location à partir du 5/02

Solistes des classes de chant
Bernard Rozet , mise en scène
Agnès Melchior et Philipe Grammatico, préparation musicale et piano

P. Hindemith : Hin und zurück

S. Giraud : 926,5

I. Aboulker : La Lacune

 

AMOURS OU MARIAGE ?

 

D’une saison publique à l’autre, les soirées lyriques restent un évènement attendu qui met en valeur et en scène les chanteurs du Conservatoire.

« La vie est courte, mais un opéra peut être très long ! » faisait remarquer spirituellement Chari Shanker, directeur de l’Opéra de San Francisco. Aucun danger avec cette nouvelle édition des soirées lyriques qui présentent trois opéras miniatures de type cabaret ou petites formes lyriques contemporaines construites en opposition aux opéras sur-dimensionnés des années 20 du siècle dernier. Mariage, famille et haut dignitaire sont soumis à rude épreuve, celle d’un humour noir et incisif qui fait fi des conventions sociales de l’époque.

En lever de rideau, Hindemith révèle avec Hin und Zurück un talent inattendu de dramaturge, et du burlesque à la saveur de music-hall et accents jazzy. S’il garde un style percutant sans sentimentalité aucune, il traite en un acte d’une intrigue de crime passionnel avec beaucoup d’esprit. Sur un livret de Marcellus Schiffer auteur de revues de cabaret, ce mélodrame écrit en 1927 s’inscrit dans le mouvement artistique nommé Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité), né en réaction contre l’expressionnisme, et allie les techniques musicales d’avant-garde à la musique dite « vulgaire ». Le texte de Neuf-cent-vingt-six-et demi n’est pas très éloigné de l’esprit surréaliste des années 1920 : on le doit à un mystérieux Jean-Nestor Debazille, parfait inconnu dont le nom intrigue, Nestor étant celui du chat de Suzanne Giraud, passé à la postérité depuis qu’elle lui a dédié en 1999 Décision/Indécision ! Dès lors, elle a avoué se cacher derrière ce pseudonyme avec son mari, auquel se joint un « ami » dont la contribution est mystérieusement qualifiée d’involontaire. La lacune s’inspire de Ionesco et se moque des grands de ce monde. Cet opéra de chambre repose sur l’écriture sensible et drôle d’Isabelle Aboulker qui utilise magnifiquement les jeux de mots et les silences abrupts pour une pochade qui touche notre sensibilité.

Opéra de Lyon