HerviercouleurBA

Saisons passées | saison 2014 - 2015

Récital de master de Sébastien Hervier, percussions

Épreuve publique de fin de cycles

Mercredi 1 juillet
16:30 -



entrée libre

LA BOITE AUX LETTRES

Spectacle musical pour voix, batterie, objets et électronique

Sébastien Hervier  : Alap – Jod ; pour batterie, voix et bande   (2013, révision 2015)

Georges Aperghis : Danse (in Zig Bang) ; pour voix (2004)

adaptation pour voix et bande : Sébastien Hervier

Sébastien Hervier : Gât ; pour batterie, voix et bande (2015)

Kurt Schwitters : Ursonate (extrait du 1er mouvement) pour voix (1922-1932)

adaptation pour voix et bande : Sébastien Hervier

Sébastien Hervier : Peur ; improvisation pour caisse-claire à archet et bande (2015)

Georges Aperghis : Mix (in Zig Bang) ; pour voix (2004)

Bertrand Dubedout : Onze ; pour deux wood-blocks (2012)

Le spectacle

Une boîte aux lettres est pour moi un objet qui image le lieu de vie, la maison, et par le bais duquel, cependant, une connexion est possible avec l’autre bout du monde ! Cette connexion a été le point de départ de ma démarche pour ce spectacle, et plus largement celui de mon projet de master, avec lequel j’ai pu questionner la rencontre entre ma culture occidentale contemporaine et la culture musicale d’Inde du Nord.  Cette confrontation a été traitée du point de vue de l’improvisateur dans le mémoire de recherche. Pour la création de ce spectacle, l’improvisation a été un outil avec lequel travailler autour des matériaux que me proposent ces deux cultures, pour aller vers une forme d’écriture. Par exemple, c’est en improvisant autour du texte d’Aperghis Danse qu’est venue l’idée d’en ré-écrire une forme «rythmisée» s’appuyant sur deux cycles de musique indienne : Dadra (6 temps) et Kaharba (8 temps). Le langage, la voix, servent de fil conducteur avec lequel se tisse un parcours entre les bols, langage des tablas (percussions traditionnelles indiennes) et les langages inventés de Kurt Schwitters et Georges Aperghis.

Le temps, dans la musique indienne, est cyclique ; en contrepoint à ce phénomène, Onze de Bertrand Dubedout, explore un temps linéaire en fuite permanente vers l’avant, comme si les pendules ne tournaient plus rond ! Je me suis également appuyé sur une pensée artistique indienne qui considère neuf émotions de base (nava-rasas) qu’expriment la musique et la danse. Dans ce sens j’ai défini des cadres, à mi chemin du ressenti et de la situation, comme le plaisir du jeu et du mouvement, la peur, la nostalgie, l’intériorité, le temps ou encore le fait de se faire gronder !

J’ai réalisé ce spectacle avec une attention portée sur le fait qu’il puisse être accessible au jeune public. Là aussi le langage à un rôle fondamental. En ayant travaillé avec des enfants, j’ai souvent constaté qu’entendre une voix parlant une langue qu’ils ne comprennent pas suscite beaucoup de réactions. Ici, les langages sont incompréhensibles et deviennent des prétextes à ouvrir des situations dans lesquelles le sonore est celui qui raconte vraiment.

Les pièces Alap-Jod et Gât sont basées sur du répertoire de musique classique d’Inde du Nord pour tablas. Les phrases, Peshkar, Kaïdas, Thukras sont transcrites pour la batterie. Ces adaptations d’orchestration sur la batterie ne sont pas figées dans ces pièces, elles peuvent être réalisées de différentes manière selon que l’on privilégie un timbre, un élan de phraser, une vélocité, etc. L’ensemble du spectacle est habillé d’un décor sonore réalisé à partir d’enregistrements captés en Inde lors d’un voyage d’études en Février, ayant reçu le soutien du Mécénat Musicale Société Générale.

La Boîte aux Lettres a été créé le 30 Avril 2015 au théâtre Astrée (Villeurbanne).

Curieux de nature et percussionniste de formation, Sébastien Hervier fait son chemin dans une faune artistique très diversifiée, tant dans les formes et les approches que dans les esthétiques.

Il a abordé le répertoire orchestral dans différentes formations sous les baguettes de P. Ferro, J.M. Cochereau, L. Slatkin, P. Rophé, N. Simon, P. Csaba… et les répertoires médiéval et baroque au sein dʼensembles comme La Cappella Sanctae Cruccis, lʼEnsemble Epsilon, Alkymia XIV et Le Concert de lʼHostel Dieu.

Il se produit aussi comme batteur dans différentes formations dʼimprovisateurs dont le Collectif dʼImprovisation du CNSMD avec lequel il participe à de nombreux concerts et performances. Il  approfondit le travail de lʼimprovisation sous les conseils de H.C. Caget, J.M. Foltz, J. Léandre, R. Lopez, F. Merville et A. Babel. Il forme également un quartet : Le Grümophone, avec lequel il enregistre un 1er disque en 2014.

Dans une démarche de création, il est en collaboration régulière avec les compositeurs et créé en 2010 son 1er spectacle de théâtre musical : Je suis un impatient qui attend beaucoup… ; en 2011 il  articipe à la création dʼun format jeune public : 2+2=. En 2015, au théâtre Astrée, il créé La Boîte aux Lettres, solo pour voix, batterie, objets et électronique.

Egalement curieux de la rencontre avec dʼautres formes dʼexpression artistique, il a travaillé sous les conseils de metteurs en scène comme N. Ramon, M. Reichler, A. Perroux et C. Fustier. En 2011, il interprète le rôle du diable et joue la percussion dans lʼHistoire du soldat, et en 2013, le récitant dans lʼHistoire de Babar dont il fait a scénographie et la mise en scène. Il travaille régulièrement avec la danse, actuellement avec le collectif A/R dans une performance de rue ; il a aussi réalisé, en 2014, la création musicale de Ma présence est un mensonge… de J. Moncla.

Il se produit dans différents festivals comme Les jardins Musicaux, Festival Neuf9, Le Festival dʼAmbronay, Sanafest, ou Les Mondes Sonres dont il est codirecteur artistique.

Depuis 2008 il étudie les tablas avec Pandit Nabankur Bhattacharya.

Sébastien est titulaire du Diplôme dʼEtat de professeur de percussions, et lauréat de la Fondation Yamaha 2013.