@ Blaise Adilon

Saison en cours | saison 2016 - 2017

Philippe Hurel et les jeunes compositeurs du CNSMD de Lyon

Création musicale et improvisation

Mercredi 23 novembre
20:30 - CRR d’Agglomération d’Annecy Pays de Savoie
10, rue Jean-Jacques Rousseau
74000 Annecy
04 50 33 87 18
Tarif : de 4 à 10 €

avec la participation des compositeurs
et instrumentistes du CNSMD de Lyon

Bertrand Plé : Les Cornelis, 7 duos et solos pour alto et harpe
Joanna Ohlmann, harpe
Aurélie Métivier, alto

Daniel Alvarado Bonilla & Fabián González : Paralipomènes (répertoire des oublis d’un livre)
Mathide Dambricourt, voix et percussion solo

Adrien Trybucki : Après Achéloos, pour hautbois, vibraphone, violoncelle et électronique
Duan-Ting Chang, hautbois
Lou Renaud-Bailly, vibraphone
Emilie Girard-Charest, violoncelle
Adrien Trybucki, électronique

Philippe Hurel : Interstices, pour piano et trois percussionnistes
Yejin Gil, piano
Christophe Torion, Jérémy Maxit et Mathilde Dambricourt, percussion
Philippe Hurel, direction

En coproduction avec l’ensemble Court-circuit,
Orléans Concours International et le CNSMD de Lyon

Dans le cadre du Festival de musiques d’aujourd’hui « Sons d’automne »
du 21 au 26 novembre 2016.

Notes de programme

Les Cornelis,
7 duos pour alto et harpe

Le titre de ce recueil composé de cinq duos et de deux solos, « Les Cornelis » se réfère au second prénom du fameux artiste hollandais, Maurits Cornelis Escher. Ces courtes pièces célèbrent l’œuvre de l’artiste et son univers : les objets impossibles, les espaces paradoxaux, la circularité et l’infini. Les duos et solos qui constituent Les Cornelis sont très indépendants : chaque pièce s’ouvre et se referme sur elle-même et l’ordre d’exécution importe peu. Il est tout à fait envisageable de ne jouer que certains duos ou solos ; Il est possible et même de bon aloi, de les disperser dans un programme de concert.

Paralipomènes (répertoire des oublis d’un livre)
Paralipomènes est une pièce pour percussion et électronique sur des textes de Ghérasim Luca (1913-1994). Il s’agit d’une collaboration entre deux compositeurs : Daniel Alvarado Bonilla pour la partie instrumentale et Fabián González, pour la partie électroacoustique et la conception du dispositif électronique.
Le mot paralipomènes (du grec « paralipomena ») désigne les choses laissées de côté, des textes omises ou oubliés, voire des compléments ou des additions quelconques qui peuvent néanmoins, être mises ensemble. Cette notion a été indispensable pour concevoir le parcours formel de la pièce où l’enchaînement des sections courtes et contrastantes joue un rôle essentiel.
D’autre part, les compositeurs se sont inspirés du jeu phonétique et de la nature très sonore et rythmique toujours présente dans la poésie de Ghérasim Luca pour intégrer au discours instrumental et électronique, la voix de l’interprète. La voix et le texte sont traités et « élargies » par le dispositif électronique mais aussi par l’utilisation de différents modes de jeu vocaux.

Après Achéloos,
pour hautbois, vibraphone, violoncelle et électronique

Dieu fleuve d’Étolie en Grèce ancienne, Achéloos avec la Muse Calliope mit au monde les trois fantastiques sirènes prénommées Leucosie, Ligie et Parthénope. Musiciennes aux dons exceptionnels s’exprimant par la lyre, la flûte et le chant, elles séduisaient navigateurs et mortels par leur douce musique aux magiques accents. Nombre de marins succombèrent à ces déesses et s’envolèrent vers des cieux étoilés ; seul Ulysse selon Homère fit des prouesses pour pouvoir à la tentation échapper.
Loin des récifs et flots méditerranéens, comment nous empreindra la virtuosité ? Écouter la voltige du musicien jusqu’aux ultimes péripéties, et après ?

Interstices,
pour piano et trois percussionnistes
Interstices est dédié à Françoise Thinat
Commande du Concours international de piano d’Orléans (OCI) et des Percussions de Strasbourg, avec le soutien du Conseil Régional du Centre et de la Fondation Francis et Mica Salabert.
Écrite pour piano solo et trois percussions, Interstices s’apparente à un « mini concerto » dont les percussions assureraient la partie orchestrale. Bien sûr, le piano n’a pas qu’un  rôle de soliste et peut, par endroits, fusionner avec la percussion pour ne créer qu’un seul et unique timbre. Comme son titre le suggère, la pièce est construite sous forme de grandes sections interrompues par des intervalles de temps durant lesquels apparaissent des éléments très identifiables. Ces éléments, brefs événements rythmiques ou véritables situations musicales, peuvent donner lieu, à leur tour, à un nouveau discours intelligible lui-même interrompu par de nouveaux évènements, et ainsi de suite. Pour exemple, la pièce finit par une « boucle » dont l’élément principal s’était inséré, comme une parenthèse, dans la section précédente elle-même composée d‘un court motif homorythmique qui avait interrompu à plusieurs reprises la section lente de l’œuvre, placée juste avant.
Pour ce qui est du traitement instrumental, j’ai conservé ici une écriture pianistique relativement classique. La pièce ayant été écrite pour un concours international de piano, je souhaitais que les instrumentistes puissent exploiter toutes leurs ressources techniques. C’est le brouillage avec la percussion ainsi que les doublures avec les claviers ou les instruments aux hauteurs relatives qui permettent d’échapper à la perception trop directe et codifiée du piano. Interstices est une pièce très énergique et rythmique et les moments les plus statiques et poétiques sont aussi perturbés par les interventions de motifs rythmiques très incisifs. Ici, tout n’est que tension et lorsque, à de rares moments, on pourrait espérer un peu de quiétude, un évènement apparaît qui remet en question le calme que l’on croyait enfin trouver. [Philippe Hurel]

Biographies

Daniel Alvarado Bonilla
Né à Bogotá (Colombie) en 1985, Daniel Alvarado Bonilla commence sa formation musicale étudiant la guitare électrique et classique. Après l’obtention de son diplôme de guitariste classique à l’Université de los Andes de Bogotá, il décide de se consacrer à sa véritable passion : la composition. C’est ainsi qu’il voyage en France pour poursuivre ses études, et en 2009 intègre l’École Normale de Musique de Paris dans la classe de composition d’Edith Lejet. Il a étudié également avec Martin Matalon au Conservatoire d’Aubervilliers/la Courneuve (CRR 93) et avec Robert Pascal et Philippe Hurel au CNSMD de Lyon. Actuellement, il est élève en master au CNSMD de Paris dans la classe de Stefano Gervasoni.
Durant ses études il a travaillé avec l’Ensemble Alternance, l’Orchestre de Caen, l’Ensemble Alkymia, le quatuor de saxophones Xenon et l’Ensemble Intercontemporain.
Il a  été boursier de la Fondation Nadia et Lili Boulanger (année 2014), de la Fondation de France (2014-2016) et de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation (2015-2016).
Avec Fabián González, actuellement en Master de composition électroacoustique et informatique au CNSMD de Lyon, dans la classe de François Roux, il compose Paralipomènes en 2014.

Adrien Trybucki
Adrien Trybucki, né en 1993, consacre son activité de compositeur aux musiques acoustiques, mixtes et électroniques. Ses œuvres, mues par une énergie impulsive et immuable, ont été entendues en France, en Italie, en Corée et aux Etats-Unis ainsi que sur les ondes de France Musique. Finaliste de différents concours internationaux, le prix Île de créations lui est décerné en 2014 pour sa pièce d’orchestre Cinq Visions.
Poursuivant dès 2004 au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse des études de violoncelle, d’écriture, de culture musicale, de direction puis de composition avec Bertrand Dubedout et Guy-Olivier Ferla, il rejoint en 2014 le Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon où il travaille auprès de Philippe Hurel. Sa pensée compositionnelle est également influencée par les rencontres de Philippe Leroux, Ivan Fedele, Raphaël Cendo, Michael Jarrell, Frédéric Durieux, Pierluigi Bilone et Joshua Fineberg lors de différents festivals et académies dont Manifeste (IRCAM), Voix Nouvelle (Royaumont), Opus XXI et Composit.
Il collabore avec des interprètes tels que Jean Deroyer, Lucas Vis, Sandro Gorli, Fabrice Pierre, Sylvain Blassel, Émilie Girard-Charest, Galdric Subirana, Sylvain Devaux, Raphaël-Tristan Jouaville, Sena Choi, l’Ensemble intercontemporain, le Talea ensemble, l’Orchestre national d’Île-de-France, le Divertimento ensemble, la Maîtrise de Toulouse et le Nebula ensemble. Édité par Durand-Universal et BabelScores, il reçoit notamment des commandes de Radio France, Musique nouvelle en liberté, Toulouse mélodie française, du Pavillon italien de l’exposition universelle Milano-2015 et de l’Institut d’études occitanes de Haute-Garonne.

Bertrand Plé
Né en 1986, il est parvenu au métier de compositeur par le biais des musiques actuelles. D’abord interprète, il a été trompettiste dans diverses formations de Jazz et a commencé à se prendre au jeu de l’arrangement et de la création. Il étudie le Jazz, l’harmonie et la composition au C. R. R. de Lyon parallèlement à son parcours à l’université Lyon 2, où il obtient un master professionnel « musiques appliquées aux arts visuels ». En 2010, il entre au C. N. S. M. D. de Lyon dans les classes de Robert PASCAL puis de Philippe HUREL, Michele TADINI et François ROUX où il se spécialise dans la composition vocale et instrumentale. Son catalogue compte une trentaine de pièces, toutes unies par une méthodologie héritée du Jazz : le partage de réflexions musicales avec les interprètes avant d’élaborer ses matériaux compositionnels. Bien qu’il voue un véritable amour pour les grands ensembles et l’orchestre, il développe sa technique d’écriture avec des formations plus réduites, notamment les ensembles homogènes qu’il affectionne particulièrement et dans lesquels il trouve un espace de création tout à fait fertile.

Philippe Hurel
Compositeur né en 1955. Après des études au Conservatoire et à l’Université de Toulouse (violon, analyse, écriture, musicologie) puis au Conservatoire de Paris (composition et analyse dans les classes d’ Ivo Malec et Betsy Jolas), il participe dans les années 80 aux travaux de la “Recherche musicale” à l’Ircam, et  est pensionnaire de la Villa Medicis à Rome. En 1995, il reçoit le Siemens-Stiftung-Preis à Münich pour ses Six Miniatures en Trompe-l’œil.
Il enseigne à l’Ircam dans le cadre du cursus d’informatique musicale de 1997 à 2001. Il est en résidence à l’Arsenal de Metz et à la Philharmonie de Lorraine de 2000 à 2002. Il reçoit le Prix Sacem des compositeurs en 2002 et le Prix Sacem de la meilleure création de l’année en 2003 pour Aura. Depuis 1991, il est directeur artistique de l’Ensemble Court-circuit. Il est professeur de composition au Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon depuis 2013.
Ses œuvres, éditées par Gérard Billaudot et Henry Lemoine, ont été interprétées par de nombreux ensembles et orchestres sous la direction de chefs tels que Pierre Boulez, François Xavier Roth, David Robertson, Ludovic Morlot, Tito Ceccherini, Jonathan Nott, Esa Pekka Salonen, Pierre-André Valade, Kent Nagano, Christian Eggen, Lorraine Vaillancourt, Reinbert de Leeuw, Bernard Kontarsky…
Après son opéra Les pigeons d’argile (livret de Tanguy Viel) créé au Capitole de Toulouse en 2014, son cycle Traits pour violon et violoncelle est créé la même année à Paris par Alexandra Greffin-Klein et Alexis Descharmes. En 2015, son cycle orchestral Tour à tour est créé à Radio France dans le cadre du festival Manifeste par l’Orchestre philharmonique de Radio-France et l’Ircam sous la direction de Jean Deroyer. Pas à pas, commande de Ernst von Siemens music Foundation, est créée la même année par l’ensemble Recherche à la Biennale de Venise.
En 2015-2016, il a composé Global corrosion pour l’ensemble Nikel de Tel Aviv – création en décembre 2016 – et So nah, so fern pour l’ensemble Spectra, œuvre qui sera créée en 2017. Il écrit actuellement une pièce pour le quatuor Arditti qui sera créée à Wittener Tage für Neue Kammermusik. Il composera ensuite pour le Quatuor Diotima (commande Diotima, Théâtre d’Orléans, ProQuartet) et pour le Philharmonisches Orchester des Staatstheaters Cottbus [Philippe Hurel].